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5 erreurs à éviter lors d'un entretien avec un·e interprète communautaire

5 erreurs à éviter lors d'un entretien avec un·e interprète communautaire

Lorsqu'un·e interprète communautaire est présent·e lors d'un entretien, son rôle ne se limite pas à traduire des mots. Il ou elle facilite la compréhension entre des personnes qui ne partagent pas la même langue, tout en tenant compte des contextes culturels et sociaux. Pour garantir la qualité des échanges, certaines bonnes pratiques méritent d'être connues. Voici cinq erreurs fréquentes à éviter.

1. S'adresser à l'interprète plutôt qu'à la personne concernée

Lorsqu’un entretien se déroule en présence d’un·e interprète, il est naturel de regarder la personne qui nous comprend le mieux. Pourtant, l’échange doit toujours avoir lieu directement entre le professionnel et le bénéficiaire. L’interprète est un pont linguistique, pas un interlocuteur supplémentaire. Regardez la personne concernée, utilisez le discours direct et maintenez le contact visuel avec elle. Le dialogue restera ainsi plus fluide et plus respectueux.

2. Utiliser des phrases longues ou trop complexes

L’interprétariat communautaire se déroule généralement en mode consécutif : chaque personne parle à tour de rôle et l’interprète restitue ensuite le message. Des phrases longues, comportant plusieurs idées, de nombreux termes techniques ou plusieurs chiffres augmentent le risque de perte d’information. Privilégiez des phrases courtes, claires et structurées. Cela facilite le travail de l’interprète et améliore la qualité de la compréhension pour toutes les personnes présentes.

3. Négliger l'aménagement de l'espace

La disposition des personnes dans la pièce influence directement la qualité de la communication. INTERPRET - la faîtière de l’inteprétariat - préconise le « trialogue » : le professionnel, le bénéficiaire et l’interprète forment un triangle de communication. Lorsque les personnes sont trop éloignées, mal positionnées ou installées dans un espace exigu, les échanges deviennent plus difficiles. Une disposition favorisant le contact visuel entre tous les participants contribue à instaurer la confiance et à améliorer la compréhension mutuelle.

4. Négliger le briefing et le débriefing

Quelques minutes avant et après l’entretien peuvent faire une grande différence. Avant la rencontre, un bref échange permet au professionnel de présenter le contexte, les objectifs de l’entretien ou d’éventuels éléments sensibles. Après la séance, un court débriefing peut aider à clarifier certaines difficultés rencontrées. Ces moments d’échange renforcent la qualité de la collaboration et permettent d’anticiper d’éventuels besoins pour la suite de l’accompagnement.

5. Attendre une traduction uniquement mot à mot

Contrairement à certaines idées reçues, l’interprétariat communautaire ne consiste pas simplement à remplacer un mot par un autre. Certaines notions propres au contexte suisse peuvent nécessiter une explication complémentaire pour être comprises correctement. Par exemple le cas de la franchise d’assurance maladie, du fonctionnement de l’aide sociale ou à certaines procédures administratives peuvent nécessiter de plus amples explications et donc une traduction plus longue. L’interprète veille à transmettre le sens du message tout en respectant sa neutralité et son impartialité. Cette contextualisation contribue à une compréhension réellement partagée entre les parties. En cas de doute, le/la professionnelle peut bien entendu valider avec l’inteprète, par exemple lors du débriefing.

Une communication réussie repose sur le travail d'équipe

L'interprète communautaire, le professionnel et le bénéficiaire poursuivent un objectif commun : se comprendre. En adoptant quelques réflexes simples, il est possible d'améliorer considérablement la qualité des échanges et de limiter les malentendus. Une communication claire n'est pas seulement un gain de temps : c'est aussi une condition essentielle pour garantir l'accès à l'information et une prise en charge équitable de toutes les personnes.